BIENVENUE

Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mardi 1 janvier 2013

Le jour de l'An





Élise Fischer, auteur d'"Un rire d'ailleurs", nous entraîne dans ses souvenirs. Fontenoy-la-Joûte, où elle s'est installée, a inspiré "meurtre au village du Livre" à la romancière.

Qui a dit que la tradition des vœux se perdait ? Certes, les jeunes n'écrivent plus, ces cartes que l'on expédiait un peu partout et qui étaient un mauvais moyen de donner des nouvelles, mais Internet, qui n'a pas que des mauvais côtés, propose des envois de cartes animées et sonores. La tradition serait donc ainsi préservée….
Sans vouloir sombrer dans la nostalgie, j'aime me souvenir du jour de l'an de mon enfance. Il n'y avait pas de réveillon chez nous, tout au plus une veillée familiale, avec des gâteaux maisons, des figues séchées, des noix, des oranges, des clémentines, un luxe à cette époque. Je revois mon père qui disposait sur le dessus de la cuisinière les peaux d'oranges qui se consumaient doucement en répandant dans la pièce commune un parfum que je n'ai jamais oublié. Puis, après une ultime histoire de sorcière, les enfants allaient se coucher, le lendemain, il faudrait se lever tôt pour aller présenter les vœux à la grand-mère et aux oncles et tantes. Mes sœurs et moi avions déjà les yeux brillants de plaisir, nous savions ce que ces visites représentaient… La petite pièce glissée dans la main pour la laisser ensuite tomber dans la tirelire. Maman nous réveillait vers huit heures, procédait à la toilette, nattait nos cheveux, y mettait un flot (1), ajoutait une goutte d'eau de Cologne au poignet et derrière les oreilles et nous étions fin prêtes pour lancer d'abord à la grand-mère Mélie : "Bonne année, bonne santé, un petit cochon dans la cheminée…" symbole de prospérité) puis aux oncles et tantes et aux amis…
Les adultes partageaient la brioche et le café, parfois un peu de mirabelle. Il arrivait qu'exceptionnellement les grands enfants aient droit à un canard (2). Et bien évidemment, les langues tournaient pendant que mes sœurs et moi imaginions ce que nous ferions avec les étrennes collectées. Si elles rêvaient de babioles ou d'habits pour leur baigneur, moi, je comptais et recomptais pour m'offrir un livre. Je savais qu'en tournant les pages, je ferais le plus beau des voyages, en attendant d'écrire les miens… Je rêve encore, amis lecteurs, sans oublier toutefois de vous offrir mes meilleurs vœux pour 2013

(1) Mot lorrain, ruban noué
(2) Une goutte de mirabelle sur un morceau de sucre

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...