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lundi 19 décembre 2011

L'Enfant Jésus et les mouches

Il ne faisait certes pas chaud dans l'étable de Bethléem quand vint le temps où l'Enfant divin devait être mis au monde. L'hôtelier y conduisit. Joseph et Marie en leur disant : 
- Je n'ai malheureusement pas de place ailleurs ; faites en sorte de vous arranger pour le mieux !  Joseph, en frottant ses mains l'une contre l'autre pour les réchauffer, soupira. 
- Brrr, qu'il fait froid ! Et dire qu'il n'y a pas d'animaux dans l'étable. Comment peut-on y passer la nuit sans geler ?
Vous savez tous pourtant qu'il y avait, dans cette étable, un bœuf et un âne qui, sous la crèche, mangeaient le fourrage qu'on leur avait donné. Mais l'étable était vaste et l'haleine de ces deux animaux n'arrivait pas à la réchauffer.
Le bœuf et l'âne se réfugièrent dans un coin et se serrèrent l'un contre l'autre afin de n'avoir pas trop froid eux-mêmes.
L'âne dit au bœuf : 
- Nous devrions nous efforcer, à nous deux, de tiédir l'air avec notre haleine.
- D'accord ! fit le bœuf,
et voici nos deux braves bêtes qui, soufflant à qui mieux mieux, parvinrent à réchauffer l'atmosphère. Elles y mirent une telle ardeur qu'on aurait pu croire qu'il y avait un four dans l'étable. Les mouches mêmes, qui avaient choisi les fentes les plus profondes du bois pour y passer l'hiver, se ragaillardirent et commencèrent à mettre le nez dehors. Elles se figuraient que le printemps était déjà de retour.
Les mouches ont une petite tête ronde, avec deux yeux à facettes. Elles voient les choses plus belles, plus colorées que les autres créatures. Dans leur minuscule cervelle roulent aussi des pensées plus curieuses et plus intelligentes. C'est pourquoi elles ne tardèrent pas à remarquer qu'il se passait, dans l'étable des événements mystérieux. 
- Je m'en vais interroger l'âne, dit l'une d'elles, l'âne qui souffle comme un forcené. Ce n'est sûrement pas sans raison. 
Mais le baudet, contrarié, ne répondit pas et, agitant ses oreilles, envoya l’importune rouler dans la paille. 
- Le bœuf, lui, me renseignera , se dit-elle quand elle eut recouvré ses esprits.
Mais celui-ci soufflait avec une telle ardeur et faisait de son haleine un tel nuage de vapeur que notre mouche jugea prudent de ne pas aller s'y brûler les ailes.
Sur ces entrefaites, l'Enfant Jésus fit son entrée dans le monde. Un ange l'apporta et le déposa dans la crèche. Aussitôt une foule de gens se trouva rassemblée dans l'étable. Les bergers étaient accourus de leurs champs et, se pressant pour franchir la porte basse, ils entourèrent Marie, Joseph et la crèche sainte. Ce ne fut qu'une exclamatio:
- Quel enfant merveilleux ! 
Une petite mouche, qui s'était posée en confiance sur les naseaux de l'âne, puis presque sur le mufle du bœuf, ne se contint plus. Poussée par la curiosité, elle vola au-dessus des têtes et alla jeter un coup d'œil au nouveau-né.
- Vraiment, s'écria-t-elle, c'est bien là le merveilleux enfant divin !
Mais les trois Rois, où donc s'étaient-ils attardés ? Les voici précisément qui frappent à la porte et entrent lentement, majestueusement, comme il convient à des Rois Mages. C'est Balthazar, le roi maure, que les mouches trouvèrent le plus beau. Et, sans façon, elles se posèrent sur les pointes de sa couronne d'or. Un parfum subtil, comme elles n'en avaient jamais respiré, monta jusqu'à elles : c'était l'encens que les Rois brûlaient. Mais la fumée les obligea à regagner leur retraite où elles se morfondirent, car leur plus grand désir était d'admirer, elles aussi, l'Enfant Jésus.
Le petit Jésus, dans sa crèche, sourit aux Rois Mages, puis il regarda les mouches et il eut pitié d'elles. D'une voix faible, si faible que les humains ne la percevaient pas, il dit aux mouches en leur langage :
- Volez bien haut, là où la fumée de l'encens ne monte pas et appliquez-vous contre le plafond. De là, vous pourrez me regarder tranquillement et me chanter un petit air.
Les mouches eurent peine à croire qu'il était possible de se tenir et de marcher, la tête en bas, contre un plafond. Elles essayèrent pourtant et leur réussite les combla de joie. En se promenant de-ci de-là, elles purent, de là-haut, contempler tout à leur aise le petit Jésus. Elles se mirent à chanter si harmonieusement que les bergers et les Rois Mages levèrent la tête et écoutèrent. Et quel ne fut pas leur étonnement de voir les mouches aller et venir sur le plafond.
C'est depuis ce jour-là que les mouches marchent la tète en bas quand il leur en prend la fantaisie. Le petit Enfant Jésus, dans sa crèche, leur en a donné le pouvoir.

***
Conte de Roumanie

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