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lundi 29 août 2011

Comment les Indiens expliquent pourquoi il y a des hommes noirs, blancs et rougess

Il y a bien longtemps, bien longtemps de cela, après que la Grand-Esprit eut créé le ciel, le soleil, une partie des étoiles et des nuages, il créa la terre, et lorsqu'il eut créé cette terre, ses yeux ne purent se détacher de ce que nous appelons aujourd'hui l'Amérique. Il trouva ce continent si beau qu'il voulut y faire vivre des créatures capables d'en apprécier les vastes forêts, les hautes montagnes, les cours d'eau brillants, les prairies parsemées de fleurs multicolores, et les arbres chargés de fruits savoureux.
Le Grand-Esprit pensa alors à modeler un homme qui lui ressemblerait et à qui il ferait don de cette terre magnifique.
Il prit de l'argile et se mit à l'oeuvre. Il travailla longtemps et lorsque l'argile lui sembla convenablement pétrie, qu'il en eut fait un corps à sa ressemblance, il la mit dans un four chauffé au rouge, afin de la cuire comme l'on cuit encore la brique ou la poterie. Mais le Grand-Esprit n'était pas habitué à cuire un homme. Le four était trop chaud. il y laissa trop longtemps la forme qu'il avait modelée et lorsqu'il la retira, elle était brûlée et noire : il avait créé un nègre, qu'il rejeta alors loin de lui et qui tomba en Afrique.
Le Grand-Esprit est patient comme doivent l'être tous ceux qui veulent réussir. Il se remit à l'oeuvre. Cette fois, il fit mieux. Le modèle était plus soigné, les traits se dessinaient plus finement ; on sentait que le Créateur avait profité de son expérience précédente. Souriant, il mit au four ce deuxième homme mais, inquiet à la pensée de le laisser brûler comme l'autre, il en arrêta trop tôt la cuisson. L'argile n'était pas assez cuite. L'homme était d'un blanc à peine teinté que le Grand-Esprit jugea terne. Il le rejeta loin de lui, comme il avait rejeté l'homme noir, et l'homme blanc tomba en Europe.
Le Créateur fit un dernier essai. Cette fois, le modèle était parfait : c'était l’œuvre d'un artiste consommé qui avait mis dans son travail toute sa science et tout son amour. Il prit cette forme et la déposa soigneusement dans le four chauffé à point. Il eut soin de la laisser cuire juste le temps convenable et, lorsqu'il la retira, elle était d'un joli rouge cuivré qui lui sembla digne d'être admiré. Et l'homme ainsi fiat fut déposé sur la terre, là où il devait développer sa race, la race des Indiens, au milieu de la belle nature et sous la protection du Grand-Esprit.
... Et les nègres et les Visages-Pâles se développèrenbt aussi sous d'autres cieux, amsi aux yeux des Indiens, Noirs et Blancs ne sont que des oeuvres imaprfaites, des "essais" du Créateur.

***
Hélène Fouré-Selter
Contes et légendes des Indiens Peaux-Rouges
Édition Fernand Nathan


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