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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


lundi 27 septembre 2010

Il y a de l'orage dans l'air

- Ciel !
- Oui, on m'appelle, je suis là, dit le ciel
- Mais non, dit Mme Cirrus, je disais juste : ciel, que cet enfant est lent.
Le petit Cirrus, en effet, s'étire paresseusement, insouciant. Le soleil, en le voyant, se dit : "C'est mauvais signe", et se cache derrière M. Cumulo-nimbus, majestueux, imposant, suivi de toute sa famille, qui se dépêche, vite, vite. Ils sont très en retard, ils se pressent. L'automne les attend depuis longtemps. Il faut dire qu'ils ne peuvent être partout, les pauvres. Leur moyen de transport, un peu comme une voiture ou un autobus, est le vent. Et le vent est capricieux, il ne fait que ce qu'il veut.Là, apparemment, il a décidé de souffler un peu. Un peu, ce n'est pas beaucoup, c'est là tout le problème pour la famille Cumulo-nimbus. Soudain, c'est la panne. Bloqués, ils sont bloqués ! Ils ne peuvent plus avancer. Voici qu'une autre famille arrive, poussée par un autre vent qui, lui, n'est pas en grève.
- Il travaille, lui, au moins, dit la papa de sa grosse voix. Ce qu'il nous faudrait, c'est un bon avis de tempête (M. Cumulo-nimbus n'est pas facile, il  a un caractère orageux).
Mais le pire est à venir : M. Cyclone, en personne, les observe de loin de son oeil unique, terrifiant. C'en est trop pour le petit Cumulo-nimbus qui dit :
- Maman, j'ai envie de faire pluie-pluie.
- Pas tout de suite, mon chéri.
Mais c'est trop tard, le petit n'a pas attendu, tant pis pour les pauvres gens en-dessous ! Après tout, les parapluies, ce n'est pas fait pour les chiens. la maman pleure. C'en est trop pour elle, aussi : la panne, le petit qui s'oublie, le papa qui s'énerve. Elle ne supporte pas quand le papa s'énerve. Et plus il s'énerve, plus il tonne, plus il tonne, plus elle pleure, un vrai déluge. Quand, enfin, le vent daigne redémarrer, les nuages se sont accumulés, on dirait vraiment un retour de vacances, c'est un véritable embouteillage. La famille ralentie par le petit, se fait doubler par d'énormes nuages gris. Dans un dernier éclair de colère, impressionnant, le papa déverse alors sa dernière pluie.
- Oh ! dit une adorable petite brise qui arrive sur les lieux, ils ont encore laissé un bazar noir derrière eux. Ce n'est rien, j'ai l'habitude, je vais me charger de tout aérer, de tout sécher. Rangez vos parapluies, braves gens, c'est fini. Après la pluie, le beau temps. Et vous, bon vent, dit-elle sévèrement aux nuages qui s'éloignent en faisant le gros dos, un peu comme des moutons en troupeau.

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