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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mercredi 28 avril 2010

D’où viennent les histoires

Il était une fois, il y a très longtemps, si longtemps que ça devait être du temps où le Premier Homme et la Première Femme marchaient sur la terre, une femme nommée Manzandaba et son mari Zenzele.
Ils vivaient dans une maison traditionnelle, dans un petit village traditionnel. Ils avaient beaucoup d’enfants et pour la plupart, ils étaient très heureux. Ils passaient leur journée à travailler, à vanner des paniers, à tanner, à chasser et à labourer la terre près de leur maison. Occasionnellement ils allaient au bord du grand océan et jetaient des cailloux dans l’eau, riant avec les drôles de crabes qu’ils voyaient courir précipitamment sur la rive et se réjouissaient à la vue des oiseaux qui plongeaient dans les vagues. Zenzele avait le coeur d’un artiste et a aimait tailler. Il modelait de beaux oiseaux dans de vieilles souches d’arbre. Avec sa hache il pouvait faire le plus merveilleux impala et des kudu dans la pierre. Leur ferme était remplie des travaux décoratifs de Zenzele.
Mais pendant les soirées où la famille restait assise devant le feu avant d’aller dormir, ils ne se sentaient pas si heureux que ça. Il faisait trop sombre pour vanner ou tailler et il était encore trop tôt pour aller dormir.
- Mère", criaient les enfants, "Sifuna izindaba ! Nous voulons des histoires ! Dites-nous quelque histoire, Mère !"
Ma nzandaba avait beau penser et penser, essayant de trouver une histoire qu’elle pourrait dire à ses enfants, mais c’était inutile. Elle et Zenzele n’avaient aucune histoire à raconter. Ils allèrent chercher conseil chez leurs voisins, mais aucun d’eux ne connaissait d’histoires. Ils écoutèrent le vent. Le vent pourrait-il leur raconter une histoire ? Non, ils n’entendaient rien. Il n’y avait aucune histoire, aucun rêve, aucun conte magique.
Un jour, Zenzele dit à sa femme qu’elle devait aller à la recherche d’histoires. Il promit de s’occuper de la maison, des enfants, de réparer et laver et balayer et nettoyer, si seulement elle revenait avec des histoires pour les gens. Manzandaba consentit. Elle embrassa son mari et enfants et se mit en route à la recherche d’histoires.
La femme décida de demander à chaque créature qu’elle rencontrait s’ils avaient des histoires à partager. Le premier animal qu’elle rencontra était Nogwaja le lièvre. C’était un tel escroc ! Mais elle pensa qu’elle pouvait tout de même lui demander.
- Nogwaja, avez-vous des histoires ? Ma famille désire ardemment des contes !
- Histoires ? cria Nogwaja. Eh bien, j’en ai des centaines, des milliers, non - des millions !
- Oh, s’il vous plaît, Nogwaja, pria Manzandaba, donnez m’en pour que soyons heureux !
- Ummm.... dit Nogwaja. Uhhhh... Bien, je n’ai pas le temps pour des histoires maintenant. Vous ne voyez pas que je suis terriblement occupé ?
Et Nogwaja sauta rapidement au loin. Nogwaja Idiot ! Il mentait ! Il n’a pas d’histoires !
Avec un soupir Manzandaba a continué son chemin. Le suivant était le babouin maman avec ses bébés. - Oh, Fene ! Appela t-elle. Je vois que vous êtes une mère aussi ! Mes enfants pleurent pour avoir des histoires. Avez-vous des histoires que je pourrais leur conter ?
- Histoires ? rit le babouin. Pensez-vous que j’ai le temps pour raconter des histoires ? Hawu ! Avec autant de travail pour nourrir mes enfants, pensez-vous que j’ai le temps pour des histoires ? Je suis heureuse de ne pas avoir d’enfants humains qui pleurent pour des choses si idiotes !
Manzandaba continua sur sa voie. Elle vit alors un hibou dans figuier sauvage.
- Oh, Khova, appela t-elle, aidez-moi s’il vous plaît ! Je cherche des histoires. Avez-vous des histoires que vous pourriez me raconter pour que je puisse revenir chez moi ?
Le hibou était perturbé d’avoir été réveillé dans son sommeil.
- Qui fait ce bruit ? siffla t-elle. Que voulez-vous ? Des histoires ! Vous osez me réveiller pour des histoires ? Quelle grossièreté !
Sur ce, le hibou s’envola vers un autre arbre et se percha beaucoup plus haut, où il pourrait être en paix. Bientôt, il s’endormit profondément de nouveau. Et Manzandaba continua tristement son chemin.
Ensuite, elle alla voir l’éléphant.
- Oh, Ndlovu, appela t-elle. Savez-vous où je pourrais trouver quelques histoires ? Ma famille désire ardemment quelques contes et nous n’avons aucun !
L’éléphant était un animal aimable. Il a vu le regard dans l’oeil de la femme et se trouva immédiatement désolé pour elle.
- La chère femme, dit-il, je ne connais pas d’histoires. Mais je connais l’aigle. Il est le roi des oiseaux et vole beaucoup plus haut que tout les autres. Vous ne pensez pas qu’il pourrait savoir où vous pourriez trouver des histoires ?
- Ngiyabonga, Ndlovu ! dit-elle. Merci beaucoup !
Donc Manzandaba commença à chercher Nkwazi le grand aigle. Elle le trouva près de l’embouchure de la rivière Tugela. Avec agitation elle courut vers lui. Elle l’appela comme il fondait du ciel, les serres allongées pour saisir un poisson dans la rivière.
- Nkwazi ! Nkwazi ! " appela t-elle.
Elle fit sursauter l’aigle qui laissa tomber le poisson dans l’eau. Il tourna et atterrit sur le rivage près de la femme.
- Hawu ! beugla t-il. Qu’est-ce qui est si important pour que vous me fassiez perdre mon dîner ?
- Oh, Nkwazi grand et sage, commença Manzandaba.
(Maintenant l’aigle ne se préoccupait plus du poisson. Il apprécia entendre cette femme se référer à lui, grand et sage. Il secoua ses plumes quand elle s’adressa à lui.)
- Nkwazi, ma famille désire ardemment des histoires. J’ai cherché pendant longtemps des contes pour leur apporter. Savez-vous où je pourrais trouver de tels contes ? Elle le regardait avec grand désespoir.
- Bien, dit-il, bien que je sois tout à fait sage, je ne sais pas tout. Je connais seulement les choses qui sont ici sur terre. Mais il y a celui qui sait même les secrets de l’océan profond et sombre. Peut-être pourrait-il vous aider. Je l’appellerai pour vous.
Manzandaba attendit plusieurs jours son ami l’aigle. Finalement il revint.
- Sawubona, nkosikazi ! dit-il. Je suis de retour et couronné de succès ! Mon ami, ufudu lwasolwandle, la grande tortue de mer, a consenti à vous emmener dans un endroit où vous pouvez trouver des histoires !
Et la grande tortue de mer est sortie de l’océan.
- Woza, nkosikazi, dit la tortue de mer de sa voix profonde. Montez sur mon dos et tenez ma coquille. Je vous porterai à la Terre des Gens d’Esprit.
La femme s’empara de la coquille et ils pénétrèrent les profondeurs de la mer. La femme était tout à fait stupéfiée. Elle n’avait jamais vu de si belles choses auparavant dans sa vie. Finalement ils sont arrivés au fond de l’océan où les Gens d’Esprit demeurent. La tortue de mer l’emmena au trône du Roi et de la Reine. Ils étaient si majestueux ! Manzandaba fut un peu effrayée. Elle les salua bien bas.
- Que souhaitez-vous de nous, femme des terres fermes ? demandèrent-ils.
Manzandaba leur dit son désir d’apporter des histoires à sa famille.
- Avez-vous des histoires que je pourrais leur raconter ? demanda t-elle plutôt timidement.
- Oui, dirent-ils, nous avons beaucoup d’histoires. Mais que nous donnerez-vous en échange de ces histoires, Manzandaba ?
- Que désirez-vous ? demanda Manzandaba.
- Ce que nous aimerions vraiment, dirent-ils, c’est une image de votre maison et votre famille. Nous ne pouvons jamais aller sur les terres fermes, mais il nous serait si agréable de voir comment c’est. Pouvez-vous nous apporter une image, Manzandaba ?
- Oh, oui!  répondit-elle. Je peux le faire ! Merci, merci !
Donc Manzandaba monta sur le dos de la tortue qui la ramena au rivage. Elle la remercia profusément et lui demanda de revenir à la lune suivante le temps de ramener l’image.
La femme dit toutes ces choses à sa famille. Quand elle arriva finalement à la fin du conte, son mari s’écria avec bonheur.
- Je peux le faire ! Je peux tailler une belle image dans le bois pour les Gens d’Esprit en échange de leurs histoires !
Et il se mit au travail immédiatement.
Manzandaba était si fier de son mari et de l’adresse de ses doigts. Elle l’observa comme l’image qu’il taillait. Il y avait les membres de leur famille, leur maison et leur village. Bientôt d’autres dans la communauté entendirent parler du voyage de Manzandaba et les histoires promises et vinrent eux aussi pour regarder la création de Zenzele prendre forme. Quand la lune suivante montra son visage, Zenzele était prêt. Il lia soigneusement l’image sur le dos de Manzandaba. Elle est montée sur le dos de la tortue et ils s’en allèrent au Royaume d’Esprit. Quand ils virent l’image, le Roi et la Reine des gens d’Esprit étaient si heureux ! Ils louèrent le talent de Zenzele et donnèrent à Manzandaba un collier spécial fait des coquillages les plus fins pour son mari. Et ensuite ils se tournèrent vers Manzandaba elle-même.
- Pour vous et vos gens, dirent-ils, nous donnons les histoires.
Et ils lui remirent la plus grande et la plus belle coquille qu’elle avait jamais vue.
- Chaque fois que vous voulez une histoire, lui dirent-ils, mettez simplement cette coquille à votre oreille et vous aurez votre conte !
Manzandaba les remercia pour leur bonté extrême et se dirigea de nouveau vers son propre monde.
Quand elle parvint au rivage, il y avait là tous ceux de sa propre famille et tous les gens de son village. Ils restèrent assis autour un feu énorme et crièrent, "
- Dites-nous une histoire, Manzandaba ! Dites-nous une histoire !
Donc elle s’assit, mit la coquille à son oreille et commença, "Kwesuka sukela...."
Et c’est ainsi les histoires sont nées !

***
Conte zoulou
Traduction de Lutinou (2003)

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