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mardi 5 janvier 2010

L'arbre à cartes


L'arbre qui pleure était jaloux de l'arbre qui rit qui, au contraire de lui, portait chaque jour de plus en plus de feuilles.
- Ce n'est pas beau, la jalousie, lui disait l'arbre qui rit. Ni l'envie. l'envie d'avoir ce que l'on n'a pas. On ferait mieux de devenir amis, lui disait cet arbre très gai.
Ils avaient commencé à se parler le 23 janvier.
L'arbre qui pleure s'en souvenait car il paraît que c'est le jour le plus déprimant de l'année. C'est vrai qu'il était triste ce jour-là. D'abord parce qu'il se sentait très isolé, car dans le grand jardin il n'y avait plus une fleur. Et pour se remonter le moral, il ne fallait pas compter sur le saule pleureur du voisin. Mais aussi et surtout parce qu'il n'avait plus de feuilles du tout. C'est pourquoi il était très jaloux. Jaloux de ce drôle d'arbre qu'il apercevait par la fenêtre du salon bien éclairé, installé bien au chaud près de la cheminée. Non seulement cet arbre n'avait pas perdu ses feuilles, mais il en était tout hérissé. Hérissé de drôles de feuilles de papier. Des feuilles timbrées, colorées. Curieux, l'arbre qui pleure s'adressa à l'arbre de toutes les couleurs
- Quelle sorte d'arbre es-tu donc pour être aussi gai en ce 23 janvier?
- Tu es triste, toi ? La vie est belle, pourtant, lui dit l'arbre d'intérieur. Je suis un arbre à cartes
- A cartes ? Quelles cartes ?
- Des cartes de vœux, pardi ! 
Mais l'arbre qui pleure ne connaissait pas ces messages de bonheur.
- Elles contiennent des pensées d'amour et d'amitié, dit l'arbre qui rit.
- Mais comment ces drôles de feuilles... de papier poussent-elles ? Comment arrivent-elles au bout de tes branches de métal ? Par l'opération du Saint-Esprit ?
- Par la poste, riposta l'arbre qui rit. C'est ce qu'on appelle du courrier.
- Et bien, avec tous ces souhaits de bonne année, le monde devrait devenir meilleur, reprit l'arbre qui pleure. C'est tout de même dommage que les bonnes pensées ne durent que le temps du mois de janvier. Je pourrais en porter, moi aussi ?
- Non, pas toi, à cause des intempéries. Mais ne t'inquiète pas, chacun son tour, tu vas bientôt te couvrir de vraies feuilles toutes neuves, passer tout l'été dehors et être admiré. Moi, je vais être remisé dans un coin du grenier, dès la fin de janvier, jusqu'à la prochaine année. C'est pour ça que je suis si gai, j'en profite, car je sais que ça ne va pas durer.


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