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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


lundi 15 juin 2009

Qui est le plus fort ?

Le Vent ne cessait de se vanter :
- Je suis plus fort que n'importe qui ! Je peux déraciner les arbres et arracher le toit des maisons ! Je suis capable de jeter les navires contre les rochers, de recouvrir les montagnes de neige ! Je suis plus fort que tout !
Le Soleil passa par là, souriant d'un air moqueur.
- Je suis plus fort que toi, vieux Soleil stupide ! railla le Vent en soufflant sur les nuages.
Plus fort que moi ? répondit le Soleil en riant. Oh non ! Je regrette, mais vous vous trompez, monsieur le Vent.
- De quoi donc es-tu capable, espèce de grosse orange ? se moqua le Vent. Faisons un concours pour voir qui de nous deux est le plus fort.
- D'accord, répondit le Soleil. Tu vois cet homme qui descend la rue ? Il va travailler. Je te parie que tu ne réussiras pas à lui faire retirer son gilet avant qu'il n'attrape son train.
Le Vent hurla très fort et fit entendre un rire tonitruant :
- Ce petit rien du tout ? Je vais le mettre tout nu en moins de deux !
Le Vent souffla, souffla si fort que les fenêtres des maisons tremblèrent. Voyant que le temps se gâtait, l'homme s'empressa de revenir chez lui prendre son manteau. Le Vent se mit alors à souffler, à souffler si fort que les pans de son vêtement lui battirent les mollets.
- Brrr ! Quel temps ! dit-il tandis qu'il boutonnait son manteau, serrait sa ceinture et relevait son col.
Le Vent hurla et hurla, jusqu'à ce que l'homme qui luttait contre la rafale, s'engouffre dans un autobus en disant :
- Brrr ! Quel temps terrible !
Le Vent souffla encore tant et si bien qu'il fit tanguer soudain l'autobus tout entier.
- Brrr ! Quel temps épouvantable ! marmonna le chauffeur. Je vais conduire le bus au dépôt. Le vent pourrait le renverser !
Alors le Vent souffla, souffla, hurla et gronda autour du dépôt jusqu'à en devenir violet… mais en vain.
- D'accord ! J'abandonne, ricana le Vent à l'adresse du soleil. Mais je parie que tu ne feras pas mieux !
Alors le Soleil se mit à briller. Comme le Vent avait cessé de souffler, le bus sortit du dépôt et roula vers la gare.
- Quelle chaleur ! soupirèrent les passagers en sortant du bus.
Le Soleil brilla, brilla de plus belle, brilla jusqu'à ce que l'homme en nage déboutonne son manteau et s'essuie le front.
- Drôle de temps ! pensa-t-il en traversant le hall de gare.
Et le soleil chauffa et chauffa encore tant qu'il put, jusqu'à ce que l'homme retire son manteau et desserre sa cravate.
- Pffft ! quelle chaleur ! soupira-t-il en déboutonnant son gilet.
Le Soleil rayonna et rayonna jusqu'à ce que le goudron colle aux pieds.
- Ah ! Cette fois, c'en est trop ! dit l'homme, jetant un coup d'œil aux autres passagers qui attendaient sur le quai.
Ils étaient tous écroulés sur leur siège, s'éventant avec leur journal, desserrant leurs cravates, roulant leurs manches de chemise, cherchant de l'ombre…
Soudain, l'homme n'y tint plus. Il était tout rouge !
- Pffft ! souffla-t-il.
Et il retira son gilet ! Le Soleil avait gagné. Le Vent fut très vexé de la victoire du Soleil.
- C'est de la triche ! murmura-t-il. Les hommes t'ont toujours préféré à moi !

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