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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


vendredi 15 mai 2009

Le banc abandonné


- Mais qui va s'asseoir là ? dit avec mépris une grosse dame qui passe.
- Et pour voir quoi ? dit avec dédain un monsieur assez vilain.
Le vieux banc, mal placé dans un coin du vieux jardin où les arbres ont trop poussé, et où on ne voit plus rien, pleure.
- Je suis un banc abandonné, pleure-t-il de toutes les larmes de banc de son corps de bois, de la résine qui coule de son corps de pin. A quoi sert un banc si personne ne s'y assied ? Je suis là, dans un coin de ce vieux jardin. Je vieillis, je deviens de plus en plus gris. On ne me regarde même plus, qu'avec mépris.
- Je sais ce que tu ressens, pleure aussi le vieux jardin de ses larmes d'arbres, de toutes ses gouttes qui tombent de ses vieilles branches depuis la dernière pluie.
- Nous sommes bien tristes aujourd'hui, soupirent-ils tous les deux, chacun comme il peut, le banc en craquant, le jardin en frissonnant sous le vent. Un groupe bruyant d'écoliers excités passe en courant devant le banc, certains vont comme sur des roulettes.
- Ils ont l'air malin avec leurs planches et leurs patins, grince le vieux banc. Aïe ! gémit-il, car il vient de prendre un coup de ballon.
- Pardon, lui dit le garçon, je ne vous avais pas vu. Ma parole, il joue avec nous, ajoute-t-il pour faire rire ses copains.
- Allez jouer plus loin, pleure le banc de plus belle.
Mais voilà que passe en silence un couple d'amoureux. Ils regardent devant, puis derrière eux, c'est bien, ils ne sont que tous les deux. Le banc leur tend désespérement ses bras de banc.
Vont-ils le voir ? Vont-ils s'asseoir ?
- C'est ma dernière chance de savoir si ma vie de banc vaut encore d'être vécue, pense le banc
Et il tend tant les bras, que les amoureux s'asseoient. Cette fois, le banc pleure de joie.
Ils sont bien, là, tous les deux. Un banc, c'est fait pour ça. Pour être bien, pour y passer un instant. Un rayon de soleil vient voir ce qui se passe. Curieux, il se glisse entre deux branches et trouve la jeune fille tellement jolie qu'il lui caresse les cheveux. Si doucement qu'elle croit que c'est son amoureux...


2 commentaires:

  1. Un banc caressant...
    Ce texte est très chantant. Vraiment très agréable,
    j'ai envie de m'y asseoir.

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  2. Surtout n'hésite pas à t'y asseoir... je pense que le banc est plus solide qu'il n'y parait ! En plus, il sera ravi d'avoir de la compagnie... et puis qui sait, il te permettra de songer à ton récit de la rémige bleue...
    Bisous

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