mardi 14 avril 2009

L'ami des animaux

Valentin est un peu médecin. Ou magicien, on ne sait pas très bien. Ses mots font des merveilles. Car eux aussi ont le droit d'être tristes et déprimés. Il les comprend si bien. A commencer évidemment par son chien. Son chien Agadir, qui le regardait tous les matins d'un air, mais d'un air... si malheureux, avec ses yeux de cocker. Il ne lui manquait que la parole. Alors Valentin la lui a donné. Car Valentin est un magicien, il sait que faire parler les chiens, et même les autres animaux, ça leur fait du bien. Comme on dit, mettre des mots sur des maux, c'est valable aussi pour les animaux.
- T'as qu'à dire, Agadir, lui a-t-il dit.
Et Agadir a dit, il a parlé. Sa première parole a été pour le remercier. Valentin en fut très ému.
Il y a aussi l'oiseau. L'oiseau rieur, l'oiseau moqueur. Tous les matins, perché dans le bouleau, il se moque de Valentin. Mais valentin ne lui en veut pas car il le connaît bien. Il est l'ami des animaux. Un autre que lui se serait fâché, énervé. Pas lui, il a compris que l'oiseau ne faisait que son boulot.
- Je suis un oiseau rieur, oiseau moqueur. Il faut bien que je me moque de quelqu'un.
Et si ça tombe sur Valentin, ça tombe bien car il n'y a que lui pour comprendre le langage des oiseaux.
L'autre jour, il a entendu un pauvre pivert se lamenter parce qu'il ne pouvait plus piquer. On lui avait cloué le bec. Là aussi, il a su trouver les mots pour le réconforter.
- A-t-on déjà vu un pivert qui ne pique pas ? disait le pivert, je ne sais plus où j'en suis, ni surtout qui je suis.
- Tu es toujours un pivert. Je t'admire pour ce que tu es et non pour ce que tu fais, lui a-t-il dit.
Le pivert en a été tout ragaillardi. Si content de lui qu'il lui a envoyé un de ses amis : un pauvre canard qui se désolait parce qu'il ne pouvait plus voler. On lui avait coupé les ailes.
- Tu es toujours un canard, lui a-t-il dit. Ne t'inquiète pas, tu vas trouver une autre raison de vivre.
C'est ainsi que le pauvre petit canard qui tourne en rond dans sa mare a réussi à trouver le bonheur. Car depuis qu'il ne vole plus, les enfants savent où le trouver et viennent tous les jours l'admirer et lui parler. Comme Valentin, il a compris que le vrai bonheur, c'est de se sentir utile.


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