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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mardi 14 avril 2009

Changement de décor pour Nestor

- La vie des monstres des profondeurs est une horreur, soupira Nestor. J'ai été au fond de mon lac tout l'hiver, j'ai envie de prendre lair. Les gens s'imaginent que je passe mon temps à me prélasser, et que c'est amusant de sortir la tête comme un coucou pour leur faire peur : bouh ! mais moi, je ne rêve que d'une chose, c'est de prendre mes cliques et mes claques et de partir ailleurs. J'en ai assez de ce lac, qu'il soit écossais ou pas, ou même à petits pois, j'ai envie d'une mer unie. Les touristes, eux, sont bien en vacances ! Pourquoi moi, je ne le serais pas ? Je vois d'ici la tête des gars du syndicat d'initiative si j'en prenais une, moi, d'initiative, une décision au moins une fois dans ma vie, et que je rompais mon contrat. Ah ! ils n'aimeraient pas ça, au syndicat. Mais pour ce que je suis payé en retour ! J'ai à peine le temps d 'entendre les oh ! et les ah ! que je dois replonger la tête sous l'eau, c'est le contrat !
Nestor décida d'abord de faire la grève. Pendant des jours, il bouda et resta au fond de son lac, mais ça ne lui réussissait pas. Il se punissait lui-même et dépérissait.
L'office du tourisme tenta de le raisonner:
- Allons, Nénesse, Nestie, montre-toi, sois gentil, c'est le contrat. En pleine saison touristique, tu ne peux pas nous fiare ça.
Ils essayèrent tous les petits noms affectueux qu'on lui connaissait mais rien n'y faisait. Nestor avait gravement besoin d'un changement de décor. Essayez de tourner en rond pendant des milliers d'années dans un lac glacé et vous verrez.
D'ailleurs, l'histoire se termina ainsi, ou plutôt pour lui, elle commença : le petit monstre marin s'enrhuma, il éternua, ce qui fit fuir les touristes, le lac se vida. Nestor se retrouva exposé en plein air, ayant perdu tout son mystère, tout nu, nu comme un ver, comme un bête ver de terre. Lui qui était si fier, que des générations de touristes venaient admirer de la terre entière !
Tout comme le lac, la région se vida aussi, de ses touristes dans son cas. C'est ainsi que notre Nestie put enfin partir en vacances, et en douce par une belle nuit. Il prit ses cliques et ses claques et se faufila sur la rive de ce qui était son lac. Il ondula jusqu'à la mer, éternuant de temps en temps, effrayant tout être vivant.
Ivre de joie et de liberté, il découvrit enfin les vagues et le vent, et les mouettes qui riaient...


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