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Des petites histoires à retrouver avec plaisir ou à faire découvrir à vos enfants


mercredi 18 février 2009

Moi je, Fès-kim-plè, l'Esquimau

Fès-kim-plè est né en mai, il y a quelques années. Là-haut, tout là-haut, tout en haut de la Terre, dans les régions polaires, au pays des Esquimaux. Ses parents étaient bien embêtés : ils ne savaient pas comment l'appeler. Et puis, quand il était petit, ils se sont très vite aperçus qu'il ne faisait que ce qui lui plaisait, qu'il était têtu comme une bourrique, obstiné comme un mulet. Alors ils l'ont appelé, tout simplement, Fès-kim-plè.
Par exemple, s'il avait envie de pêcher des poissons d'avril en mai dans un trou d'eau, il le faisait. S'il ne voulait pas fermer son anorak, malgré le froid polaire, il le laissait ouvert. Et il s'enrhumait. S'il refusait de monter dans le kayak, personne n'arrivait à le décider. Et, tant pis pour lui, on partait sans lui. Il disait toujours "moi je". Moi, je veux ci, moi je fais ça.
Un jour, il dit à son chien husky, appelé Koukoucéki :
- Moi, je veux aller me promener.
Fès-kim-plè partit tout droit devant lui, il marcha longtemps sur la banquise. Une petite voix au fond de lui, qu'il connaissait bien, lui avait dit :
- Tu sais que c'est interdit
- Oui, mais moi j'ai envie.
Et il marcha, marcha, sans rencontrer un chat, ou plutôt un phoque, comme on dit en Alaska. Il ne se retourna pas une fois, donc ne s'aperçut pas que le chien esquimau le suivait de loin, comme un ange gardien. Il sursauta, pour le coup, quand Koukoucéki se mit à parler :
- Arrête-toi, tu vas trop loin.
Mais Fès-kim-plè continuait.
- Tu n'en fais qu'à ta guise, mais ça ne marche pas sur la banquise, elle est plus forte que toi, disait le chien.
Mais Fès-kim-plè allait toujours plus loin. Et la banquise, soudain, craqua. Il se retrouva sur un morceau détaché, en train de dériver. Tout seul, isolé. Heureusement, il voyait le fidèle husky, qui veillait sur lui.
- Koukoucéki !
- C'est moi, répondit celui-ci, je suis là ! Saute, saute avant qu'il ne soit trop tard !
Fès-kim-plè, rassuré par la présence du chien, s'enhardit, prit son élan, et sauta. Il s'accrocha au cou robuste de son chien, qui lui avait sauvé la vie. C'était un beau cadeau, et même le plus beau cadeau qu'il pouvait lui faire, car c'était le jour de son anniversaire !
Ils rentrèrent tous les deux à la maison. Pour une fois, Koukoucéki marchait devant, et Fès-kim-plè le suivait. Il promit ce jour-là à tous ceux qui l'aimaient de faire plus attention, car il avait enfin atteint… l'âge de raison.

2 commentaires:

  1. Si j'étais grand père, c'est ici que je viendrais pour lire une histoire à mes petits enfants.

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  2. Oh ! c'est trop gentil ! Merci Pierre-Louis.
    Il faut dire que j'ai gardé toutes les histoires racontées à ma fille, pour mes petits enfants futurs... hi hi hi...

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